En tant que chercheur au sein du laboratoire universitaire international BEBEST (Benthic Biodiversity Ecology, Sciences and Technologies; INEE/CNRS), j'effectue des missions dans le cadre de projets Art et Science. Fort d'une vision interdisciplinaire autour de la recherche et de la création, BEBEST m'a permis de produire une première création autour du territoire insulaire de St Pierre et Miquelon dont vous trouverez le compte rendu photographique ci-dessous.

 

     MISSION ST PIERRE ET MIQUELON

En collaboration avec le laboratoire BEBEST, le Museum d'Histoire naturelle et le CNRS. Il s'agit d'une expérimentation créative à partir de liens établis entre Art et Sciences. L'artiste travaille comme un membre de la mission scientifique et produit une recherche dans son champ disciplinaire au même titre que les chercheurs.

Dans le cadre de cette première mission effectuée en août 2017, j'ai suivi l'équipe du laboratoire BEBEST à St Pierre et Miquelon dans le cadre d'opérations de plongées avec installation de matériel et prélèvements biologiques au sein de cet ecosystème marin.

Mon travail de photographe s'est déroulé sur deux axes. Tout d'abord, le suivi opérationnel des scientifiques dans les phases de préparation, de réflexions et de plongée. L'important ici en tant que photographe étant d'apporter un point de vue sur l'objet de leur recherche et permettre de laisser une trace iconographique de la mission. Dans une seconde phase de travail j'ai photographié le paysage et procédé à mes installations à travers de micro expéditions dans les espaces naturels de l'île.

J'ai choisi de travailler de plusieurs manières et avec des appareils photographiques très différents pour marquer les différentes approches. Je vois cette production comme une sorte d'enquête autour du paysage et des pratiques scientifiques notamment autour de l'analyse de l'impact du réchauffement climatique sur la vie benthique.

La mission s'est également orientée sur une part de médiation auprès du public avec un Workshop organisé au sein du musée de l'Arche. En thématisant autour de plusieurs approches paysagères, un groupe de travail a été formé pour produire des photographies autour du territoire et les analyser lors d'une prochaine mission en juin 2018.

Cette mission a été financée par la DCSTEP de St Pierre et Miquelon et par BEBEST dont les soutiens solides ont permis de produire dans de très bonnes conditions.

La coordination du projet a été piloté par Fovearts qui en assure la diffusion et la représentation auprès des réseaux Art et Science et auprès des institutions soutenant la mission.

 

Vous trouverez à la suite trois portfolios illustrant ce premier séjour. 

- Un journal de bord sur les opérations scientifiques qui a été réalisé au Polaroid.

- Une série sur l'insertion des scientifiques dans le territoire avec une construction iconographique en miroir mêlant Architecture, paysages et actions de recherche.

- Un Portfolio des installations et productions paysagères libres. Cette série s'oriente autour du lien Terre-Mer qui unit si fortement les habitants de l'Archipel.

Journal Polaroid mission 2017

Recherche et territoires

Artwork

Arctica Islandica, témoin précieux de notre climat

 

Par Laurent Chauvaud. Biogéochimiste, Ecologue et plongeur scientifique.

 

" Hier, notre groupe de recherche basé à Brest a démontré qu'il était possible d'utiliser les mollusques bivalves comme des archives environnementales. C'est la cas du plat festif des français : la coquille Saint-Jacques, Pecten maximus . Ces animaux enregistrent dans la chimie de  leur squelette externe, leur coquille, des informations précieuses en écologie (température de l'eau, salinité, concentration en oxygène, phytoplancton,...). Ainsi,  la coquille Saint-Jacques en Bretagne enregistre tous les jours,  avec la précision d'un thermomètre médicale, la température de l'eau de mer. A saint-Pierre et Miquelon, le pétoncle géant est lui capable de "mesurer" puis de conserver des informations sur son environnement direct à haute fréquence puisque l'étude isopique et chimique  permettent à  posteriori  de décrire tous les quarts d'heure de vie l'environnement de l'animal.  

Aujourd'hui, il nous fallait trouver des archives contenant des périodes de temps longues (siècle) afin de statuer sur l'impact des changements globaux. Arctica islandica, largement répandue sur les fonds sableux de l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon (nom locale: Palourde noire) est un animal qui vit 500 ans ce qui fait de lui l'espèce non coloniale la plus longévive de notre planète.  Ces animaux endogés, filtreur et immobiles, conservent dans leur carbonate de calcium depuis plusieurs siècles les informations permettant de décrire l’environnement des eaux de la façade ouest de l'Atlantique nord. Aux confluences du Saint-Laurent, du courant du Labrador et du courant de Golf Stream, l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon connait l'un des plus forts réchauffement actuel et connaitra des changements drastiques dans le siècle à venir. Dans ce contexte, Arctica islandica, devenu parchemin, contient les informations extraordinaires des siècles passés permettant de construite un scénario pour le siècle à venir. "